Retrouvez l'actualité sociale et syndicale de Toulouse et sa région dans un Mag d'une durée d'une heure. L'occasion de revenir sur les luttes. Tous les jeudis à 17h, rediffusion les vendredis et samedis à 11h, les dimanches à 19h
Il faut parfois faire un pas de côté et observer les phénomènes à l’œuvre sur le long terme.
Nous vous proposons aujourd’hui de faire un saut dans le temps et de revenir à 2007. À cette époque, le vice-président du MEDEF Denis Kessler annonçait clairement la couleur dans une tribune intitulée « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! »… tout un programme ! En clair, le représentant du syndicat patronal expliquait en détail de quelle manière il fallait se débarrasser de l’héritage du Conseil National de la Résistance... Ce fameux programme qui a jeté les bases de notre modèle social au lendemain de la seconde guerre mondiale et qui s’intitulait poétiquement « les jours heureux ». Or ce programme, instituant une démocratie économique et sociale, n’est pas du goût du patronat, à commencer par une présence accrue de l’État dans la vie quotidienne, selon le modèle de l’État-providence cher aux keynésiens. La priorité du MEDEF est donc de diminuer le rôle de l’État, pour en faire ce qu’Édouard Balladur appelait un « État modeste ». Force est de constater qu’il est parvenu à ses fins. Avec Jean-François Tortajada, militant CGT retraité et ancien responsable de l’Union Départementale CGT de Haute-Garonne, nous nous sommes interrogés sur ce recul de la sphère publique. Un recul dont un des symptôme, à savoir un repli sur ses pouvoirs de police au profit de l’accompagnement du marché, s’est manifesté de manière flagrante. Un rappel historique est néanmoins nécessaire pour commencer...